Du collège à l’enseignement supérieur : Comment repérer les différents stands, interlocuteurs et ressources présents ? Comment aider ses élèves à cadrer leurs recherches ? Quelle exploitation des informations recueillies ?
Catherine Arricastres participe à l’organisation du salon Oriaction à Nancy sur les métiers et les formations. Habituée à travailler avec des enseignants, elle conçoit pour et avec des enseignants des dispositifs d’exploitation de salons. Patrtick Page est directeur de CIO dans l'acadamie de Nancy-Metz. Une occasion de partager son expérience à la veille de nombreux salons sur les métiers et formations.
Le mercredi 14 novembre, de 15h à 16h, Catherine Arricastres et Patrick Page ont répondu à vos questions concernant l’exploitation pédagogique de la visite d’un salon avec ses élèves.
La retranscription intégrale du Chat avec Catherine Arricastres et Patrick Page 
La retranscription intégrale du Chat avec Catherine Arricastres et Patrick Page
Retrouvez ci-dessous l'intégralité des échanges qui se sont déroulés avec Catherine Arricastres et Patrick Page mercredi 14 novembre 2007, de 15 h à 16 h.
Moderateur: Bonjour, nous accueillons aujourd'hui Catherine Arricastres et Patrick Page, directeur de CIO, pour répondre à toutes vos questions sur la manière de bien préparer une visite de salon. Vous pouvez commencer à poser vos questions.
Catherine Arricastres et Patrick Page: bonjour
vincent: Bonjour, je suis professeur de technologie dans un "bon" collège de Lyon. La plupart des élèves poursuivent en enseignement général... et ne s'intéressent absolument pas aux métiers en classe de 3e. Pour eux, le choix d'une filière d'études concerne l'après-bac et le métier est encore plus lointain. La visite du Mondial des métiers présente un côté "exotique". Je n'arrive pas à leur faire établir le lien avec leur devenir professionnel. Que me conseillez-vous ?
Fara: Bonjour, je souhaiterais avoir quelques conseils pour bien réussir un carrefour des métiers au niveau d'un établissement scolaire : préparation, organisation et évaluation.
Catherine Arricastres et Patrick Page: Pour organiser un carrefour métiers, il faut mettre en place un groupe de travail : chef d’EPLE, directeurs de CIO, COP, professionnels, représentants de parents d’élèves, élèves. Cela permettra de répartir le travail.
Il faut réaliser des documents de préparation pour les élèves: plan du carrefour, quels métiers y participent, un questionnaire pour les professionnels, une fiche à utiliser pendant le salon et après : qu’est-ce que j’ai appris, quelles autres démarches ?
Il faut aussi une petite fiche pour les professionnels pour leur dire ce qu’on attend d’eux et une fiche d’évaluation.
On peut aussi demander aux CIO de préparer des brochures sur les différents métiers présents.
Elie: A votre avis, la visite d'un salon sur les métiers est-elle intéressante pour des classes de 5e ? Quelles activités préconisez-vous ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Quel que soit le niveau des élèves, la visite d’un salon sur les métiers est intéressante parce que cela permet d’explorer le monde du travail à travers les représentations données par les professionnels.
Saïd: Pensez-vous que les visites sont aussi utiles pour des élèves de collège de 4° et 3°? Merci.
Catherine Arricastres et Patrick Page: La plupart des collèges organisent des stages pour les élèves de 4e ou de 3e. En ce qui concerne les salons, il faut toujours bien circonscrire le travail d'investigation sur des domaines précis pour éviter la dispersion, le papillonage. Mais bien évidemment, il s'agit d'une activité pédagogique toujours intéressante à condition qu'elle ait eu un avant, un accompagnement pendant la visite, et une exploitation et des prolongements possibles avec des recherches individuelles des élèves sur des secteurs qui les intéressent plus particulièrement.
andre: Existe-t-il un (ou plusieurs) sites internet où l'on peut trouver des supports pédagogiques propres à des visites de salon, pour les élèves de collège ? Merci
Catherine Arricastres et Patrick Page: Il faut se rapprocher de la délégation régionale de l'Onisep, en lien avec l'académie, voir ce que les CIO et le SAIO de l'académie mettent en ligne. Ne pas oublier également le site www.onisep-reso.fr sur lequel on peut télécharger les fiches pédagogiques "Préparer un salon".
Je vous conseille notamment d'aller voir le site du Mondial des métiers à Lyon (http://www.mondial-metiers.com/ ) : un guide de l'élève et un guide de l'enseignant y sont téléchargeables. L'académie d'Aix-Marseille a également un kit pédagogique accessible sur www.onisep-reso.fr, région Aix.
Flo: Comment intéresser les élèves de terminale à un salon sur les formations qui se déroule en mars... alors que la plupart des dossiers d'inscription ont déjà été envoyés ? Merci.
Catherine Arricastres et Patrick Page: Un salon au mois de mars peut permettre de confirmer ou d’approfondir des choix (cette année, les élèves pourront classer leurs vœux jusqu’au 31 mai). Cela peut aussi servir à trouver des solutions de repli. De façon générale, il est plus pertinent de faire un salon pour les élèves de terminale avant la fin du premier trimestre.
cc_1: Quelles erreurs faut-il éviter dans la préparation d'un salon?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Au niveau organisationnel, si c'est la première fois, il faut s'entourer de personnes compétentes et organiser un groupe de travail au sein de l'établissement. Le groupe de travail permet aussi de répartir les tâches à accomplir.
Il faut, par ailleurs, bien cibler le thème : formation ou métiers ou les deux. Et naturellement, concevoir des documents de préparation pour les élèves. Proposer un plan d'accompagnement pédagogique avant, pendant et après.
Un salon, c'est souvent une partie d'un ensemble plus vaste. Il faut éviter que ni les profs, ni les parents ni les élèves ne soient suffisamment prévenus de ce qui se passe sur place. Il faut que la visite soit bien comprise et consentie par tous.
vanille: Comment préparer la visite avec des élèves de 1ere qui sont plutôt bons élèves et qui envisagent des études longues ? Pour eux, la problématique "métiers" n'est pas vraiment à l'ordre du jour (ils vont entrer en prépa ou dans une grande école pour la plupart). Merci
Catherine Arricastres et Patrick Page: Certaines études longues, en effet, préparent en général moins à des « métiers » qu’à développer des compétences et des capacités dans un domaine, mais celles-ci s’exprimeront dans des emplois variés même si la détermination peut en être plus tardive.
La plupart des salons prévus pour les élèves de lycée présentent les formations supérieures et permettent aussi de rencontrer des professionnels. Il y a là une richesse nettement profitable pour la culture générale et aussi la préparation des
wik: Les préparations que vous préconisez se déroulent sur combien de temps : 1 séance d'1 heure, de 2 heures ; plusieurs séances successives ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Il y a un minimum d’une heure pour présenter l’organisation du salon et donner à chacun une tâche minimum d’investigation en rapport avec ses intérêts et/ou un projet collectif de recherche à définir en classe.
Il faut aussi envisager une exploitation et des prolongements qui prendront au moins encore une heure.
La préparation peut s’inscrire dans un programme d’information et d’orientation en constituant un temps fort dans la scolarité des élèves (travail d’éducation à l’orientation à contractualiser avec le CIO du district).
Des outils, existent pour ce type d’activité. Prenez appui sur le conseiller d’orientation psychologue.
meli: Bonjour, je suis professeur de français et j'ai une classe de 1ère aux idées très arrêtées sur les études supérieures (par ex : le BTS est mieux que le DUT). Comment utiliser la visite d'un salon pour les faire réfléchir ? Merci.
Catherine Arricastres et Patrick Page: Faire une séance en classe qui relève toutes leurs idées reçues. Les écrire sur un document et charger les élèves de collecter des informations pendant le salon sur les questions. Ensuite faire une séance après le salon pour comparer ce qu’ils pensaient avant et ce qu’ils pensent après le salon. Montrer aux élèves en quoi leurs idées ont évolué.
annie: Comment faire, sur un salon, avec un élève qui ne pense qu'à un métier et un seul (prof de français) alors qu'il n'en a, pour l'instant, pas le niveau ? merci
Catherine Arricastres et Patrick Page: L’inviter à découvrir la branche professionnelle à partir du métier qui l’intéresse, en évitant de le décourager dans son choix initial. Le faire réfléchir sur ce qui l’intéresse.
C’est un travail à long terme. Le salon, seul, ne pourra bien sûr pas suffire pour l’assurer.
alain: Pour une classe de 3e, nous conseillez-vous de les faire travailler en groupe ou individuellement avec une mise en commun ensuite ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: L’expérience montre qu’au niveau 3è (et même après) si les élèves ne sont pas préparés et un minimum accompagnés dans un salon, il y a un grand risque de papillonnage, de dispersion … On peut donc, lors de la séance de préparation, prévoir des groupes de réflexion sur les métiers qui plaisent ou pas, le choix de ceux sur lesquels portera plus particulièrement une enquête etc.
La visite en petits groupes peut être utile mais au niveau exploitation il faudra prévoir aussi une partie de travail personnel (noter les impressions, établir son propre programme de recherches complémentaires…).
On peut organiser la préparation en 3 temps : travailler en petits groupes de 4 élèves ; ensuite, faire une mise en commun pour l'ensemble des groupes ; puis faire un travail individuel.
En petit groupe, si on dispose de la liste des professionnels présents sur un salon, on sélectionne certains professionnels. Puis on travaille à l'aide des guides Onisep sur les parcours de formation de ces professionnels. La mise en commun consiste en des présentations et des échanges de points de vue.
Fara: Pourquoi différencier un carrefour des métiers et un carrefour des formations ? A votre avis, peut-on les faire au même moment ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Faire participer les élèves à la fois à un carrefour métiers et un carrefour formation peut présenter des avantages. Par exemple, faire le lien entre études et métiers et parfois aussi démystifier certains liens : nécessité de faire telle ou telle école, ou, au contraire, pas de nécessité de faire des études longues pour tels ou tels métiers.
Cela permet de montrer aux élèves à quoi servent les études par rapport aux métiers, de comprendre aussi tous les métiers possibles à partir d’une même formation. Cela donne de nouvelles idées aux élèves.
annie: Quelle est la meilleure période, pour visiter un salon métier, dans le cadre de la DP ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Il est difficile de raisonner ainsi. Les salons sont une occasion qu'on saisit lorsqu'ils sont annoncés. Ils sont souvent annoncés à l'avance, donc on peut les inclure dans un programme d'activités annuelles d'aide à l'information et à l'orientation. Avec toujours l'idée de les préparer en amont et d'en faire une exploitation en aval. Avant les procédures d'affectation de fin d'année, bien entendu.
Mary: Quelle exploitation en classe après un salon avec des élèves de DP3 ? Quel type de production, à rendre publique, pour les autres élèves du collège ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: L'exploitation découle bien évidemment de la préparation menée avant l'opération. Elle doit se faire à la fois en petit groupe, en classe et au niveau individuel. C'est une occasion de marquer les différences de représentations dans la classe et c'est aussi une occasion de préparer par la suite les entretiens d'orientation qu'on pourra mener individuellement avec chacun. Bien entendu, le salon ne règlera pas tous les problèmes.
L'expérience montre que les expositions, ou le transfert d'informations par d'autres moyens, qui visent à mettre tout le collège au courant ne sont pas forcément nécessaires et efficaces. L'important c'est que les élèves qui sont allés au salon en aient tiré un réel profit.
profprincipale1ère: Pensez-vous qu'une information à l'intention des parents (sous forme de guide d'approche, de recommandations, voire une réunion) soit utile ?
Catherine Arricastres et Patrick Page: Il est important de communiquer auprès des parents d'élèves pour s'assurer que l'information est bien passée auprès d'eux. En terme de guide d'approche, on peut en faire un à destination des parents pour qu'ils sachent ce qu'ils vont trouver au salon, qu'ils puissent préparer la visite et pourquoi pas faire une fiche pédagogique avec des questions communes aux parents et aux enfants, chacun répondant de son côté avant une comparaison.
Said: La fiche-questionnaire est elle indispensable pour préparer la visite? Doit-elle être détaillée? Merci
Catherine Arricastres et Patrick Page: Cela dépend du niveau de l'élève : collégien ou lycéen. Le collégien doit être accompagné alors que le lycéen peut plus facilement faire une exploration seul. Mais même le lycéen doit préparer sa visite en amont.
Le questionnaire est aussi l'occasion d'apprendre à se présenter lorsqu'on va faire une interview. C'est toute une démarche qui va aider le jeune à mener ses investigations auprès d'adultes. La préparation d'un questionnaire ou d'interviews est un véritable travail pédagogique.
Moderateur_1: le tchat se termine. Catherine et Patrick , le mot de la fin ?
Catherine Arricastres: >> Conclusion - L'organisation d'un salon, c'est l'occasion de rencontres importantes, avec des professionnels qui sont souvent aussi des parents. Avec les élèves, c'est une belle occasion de faire de la pédagogie et de renforcer le travail de préparation de l'orientation.
Patrick Page: >> Conclusion. C'est aussi une occasion unique d'avoir, sur un même lieu, l'ensemble des formations dispensées dans une académie, des professionnels et des conseillers. Toute la palette des formations et des métiers ! Bons salons à toutes et tous.
Moderateur_1: Merci Catherine, merci Patrick pour vos réponses précises et détaillées. Merci à tous de votre participation.
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